équilibriste

En cet instant

de courte et intense fulgurance

ouvrir larges les vannes

laisser s’écouler le trop-plein

pour que l’équilibre s’impose

sans heurts

sans  vibration inutile.

Et,

retrouver dans une respiration autre

l’important

l’inutile

Déferlante évidence

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Säntis

ma montagne obsédante

de roches sombres et d’éclats bleus

ma montagne d’été,

et d’automne et d’hiver

ne connais le printemps

 

ma montagne sublime et facile et lointaine

que je n’ai pas choisie

et qui pourtant s’impose

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dans chaque tache de couleur déposée sur la toile de lin

dans chaque réveil, chaque matin

ma montagne qui est là

fidèle et entêtante

que je chasse qui revient, abstraite et hors du temps

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La pluie la nuit

Dormir la fenêtre ouverte,

grande ouverte sur la nuit noire,

et sur la pluie.

Écouter la pluie,

Sans se lasser

À en perdre jusqu’à l’envie même de dormir,

Tellement c’est beau,

Heureux et évident .

Entendre la pluie, protectrice et complice

Se fondre en elle

Et

Flotter,

Flotter encore

Lilas et jasmin mêlés

Pas de titre

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Pas de titre,car , pas d’idée de titre…

L idée de la toile était de retrouver l’envie de peindre, la curiosité de la forme cachée sous le geste, la possibilité de laisser les coudées franches aux couleurs

D’où pas de titre…

Du moins pas encore…

🙂

Il mio rifugio

img_7286Tout en haut de la maison

J’ai construit mon refuge

moi qui

avant

me réfugiais dans les regards de l’aimé

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C,est un refuge de bric et de broc

avec vue sur le lointain

vue sur ma montagne…

 

 

Là-haut

avec des couleurs, des ciseaux, des papiers

avec des bouts de rien

des pigments

des vertiges

Je me rassure et retrouve une parole

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Tout en haut de la maison j’ai trouvé mon refuge

 

Mémoire enfouie

Je viens de terminer la lecture de « Mémoire de fille » de Annie Ernaux.

J’en reste abasourdie 

C’et un roman autobiographique magistral, à l’écriture sobre et précise, parfois opaque mais toujours raffinée.

L’auteur, 50 ans après les faits, enquête sur la jeune fille qu’elle était à 18 ans et fouille, dans la douleur, les souvenirs enfouis, occultés

La honte, la boulimie, le désir,le sentiment d’étrangeté….page après page, je me vois dans le miroir tendu par l’auteur, et c’est dérangeant.

Peut-on reconsiderer des décennies plus tard celle que l’on a été, en quoi nous parait-elle si étrangère, et comment finalement vit-elle encore en nous…?

Peut-on accepter enfin, si longtemps après, cette jeune fille, si loin semble-t-elle de l’armure de femme que l’on s’est forgée ?

 

 

La littérature est un cadeau merveilleux

qui permet d’éclairer les pans restés dans l’ombre

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désert

Te souviens-tu ?

la roche était ardenteIMG_0822

Et si,

pourtant,

la vie te devenait désert,

si, définitivement, la larme douce amère ne scillait plus jamais au bord de ta paupière,

si ton coeur,

ah ton coeur ! ton ventre

si ton corps tout entier,

résigné et à jamais assoiffé

te susurrait perfidement les mots de la sécheresse,

si la pierre, lourde et dense obstruait ton regard

 

 

tu irais

vite vite vite

rejoindre tes couleurs

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