Première esquisse sur la toile blanche

Juliette,

….

Et quelques autres probablement ……

M’ont sorti de ma profonde

Vaporeuse

Écrasante et incompréhensible  léthargie.

Mon blog m’impressionne davantage que la plus grande des toiles blanches.

J’aime

Véritablement

Ces échanges riches et variés que permettent les blogs.

Mais, est-ce le temps affolé qui me glisse des mains,

Est-ce la certitude de ne rien avoir à dire d’intéressant,

Est-ce mon insondable paresse,

Est-ce une vie trop pleine et trop plate……

Le fait est que je demeure comme sidérée et muette,

Je remets toujours à demain

Et je retourne,

La conscience chavirée en pensant à ces quelques uns que j’apprécie sincèrement ,

À mes brosses, mes pinceaux, mes ballades mes boulots….
Aujourd’hui, juste envie d’agiter ma main vers vous en un amical salut,

Avant que

Demain peut-être

Coule à nouveau la source des mots

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Et que s’impose l’été…

Est-ce cet été qui n’en finit pas d’arriver ?

est-ce ce monde cruel et sidérant de violence  qui efface mes mots?

est-ce ma vie qui s’est rapetissée ?

peut-être tout cela à la fois….

 

Les heures ne sont  plus aux grandes déclarations d’amour !

….elles sont faites de famille, de jardin et de peinture…..

et le jardin resplendit et les toiles s’animent

Les heures sont pleines et rondes

leur manque seulement  , peut-être, ce supplément d’âme qui les faisait douloureusement ou superbement vibrer.

Les gens heureux n’ont pas d’histoire dit-on………

c’est ainsi que la source de mes mots s’écoule en mince filet

 

 

 

Je vous souhaite à tous un très bel été

Que le fracas du monde vous épargne

et nous nous retrouverons  sûrement

Amicalement

Marie

« Est-ce ainsi que les hommes vivent »

Quelques vers d’Aragon pour donner des lueurs à nos jours embourbés

Et nous permettre de croire

encore 

que la poésie peut porter le monde

« …Cœur léger cœur changeant cœur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Je n’avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m’endormais comme le bruit.

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

C’était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens

Tout changeait de pôle et d’épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j’y tenais mal mon rôle
C’était de n’y comprendre rien…….. »


Infidélités

Entre les deux

mon coeur balance.

 

Mon premier amour était à l’huile.

Je l’ai un jour laissé au bord d’une route alors qu’il avait tout pour me plaire,

 

et j’ai couru sans me retourner

me jeter dans des bras acryliques

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Avec lui, tout semblait facile et possible

il répondait à mon impatience

à mes désirs toujours nouveaux

On a fait un joli bout de chemin ensembles

 

 

Pourtant, je gardais dans un pli de ma mémoire des sensations jouissives de fondus colorés,

de voiles impalpables, d’odeurs….

et c’est ainsi qu’un matin d’Avril, mes doigts ont à nouveaux caressé les vieux tubes,

que mon temps s’est ralenti au rythme de lents séchages des glacis

 

 

L’infidélité est une chance

Rutebeuf

Dans les brumes de l’hiver qui s’attarde

j’essaie de percevoir encore les silhouettes amies,

les voix éloignées

…..

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et hantent ma mémoire les vers du vieux Rutebeuf

« Que sont mes amis devenus

que j’avais de si près tenus…….. »

mais que la nostalgie reste tenue à distance,

le temps n’est plus de la désespérance.

 

 

 

………..

c’est le mois de Mai,

le beau mois de Mai

 

 

fata morgana

 

Le printemps s’attarde dans les brumes hivernales

Et fait mine de s’être perdu en chemin…

Libre à lui…..

Moi, aujourd’hui, je ne lui chercherai pas querelle

me passerai de lui

appellerai l’été aux vives saveurs

Sur la toile les couleurs à l’huile brillent  et se répondent

Le printemps peut bien bouder…..:-)img_2702-1