Ce temps de rien

Le temps des touts infimes

Des ennuyeuses heures

Ou plus rien ne s’attend

Ou tout coule ou tout fond…

Le temps des dernières chances de bonheur

que l’on cherche encore, acharné, sans plus y croire vraiment

Ce temps de rien

Immobile et agité

Lourd et douloureux

Et léger cependant

Ce temps si vide et incertain,

Si précieux si fragile

Pente douce vers quel néant…

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Déserts

« Ce qui embellit le désert c’est qu’il cache un puit quelque part  »

Antoine de Saint-Exupéry

chaque désert blanc

Ou d’ocre magnifié

Offre sans compter une solitude luxueuse

Un regard plus grand, un souffle plus large

Un aperçu d’éternité

Un bonheur intense

billet suggéré par Bruno que je remercie 🙂

Appenzellerland

Les années ont rétréci mon souffle,

et chaque pas se fait , insensiblement,plus lourd,

mais,

Peu importe …

La montagne

Lentement

Secoue ses frusques d’hiver

Et, étourdiment, se targue de printemps

Et moi, je ne vois qu’elle….

Alors, la tête en feu

Faisant fi de ce corps alourdi de froidure,

Je reprends ses chemins,

Étourdie du bonheur de l’immuable splendeur de ce paysage devenu mien

Rutebeuf

Dans les brumes de l’hiver qui s’attarde

j’essaie de percevoir encore les silhouettes amies,

les voix éloignées

…..

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et hantent ma mémoire les vers du vieux Rutebeuf

« Que sont mes amis devenus

que j’avais de si près tenus…….. »

mais que la nostalgie reste tenue à distance,

le temps n’est plus de la désespérance.

 

 

 

………..

c’est le mois de Mai,

le beau mois de Mai

 

 

L’âge indulgent

Il frappe à ma porte,

avec insistance,

et,même si,

trop souvent, je lui rit au nez,

moquerie facile.

il est là pourtant, les bras en corbeille….

L’âge indulgent, celui qui susurre, qui rassure, qui dit,

« va te promener,monte sur ta colline,

peu importe l’heure…vas-y….. »

Alors je l’écoute,

alors je le suis et je fais la liste de tous ces éclats de vie

J’aime,

marcher dans les feuilles

écouter le vent

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j’aime

quitter le chemin et grimper au flanc de la prairie

et monter, monter

en perdre le souffle

et me jeter dans l’herbe

Hundwiler Höhe

J’aime

regarder à m’en brûler les yeux

les herbes, les feuilles, les troncs à contre jour

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J’aime

quand je suis là-haut

entrer dans le vieux café

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choisir une place à la table commune

et regarder les hommes sans âges

faire les jolis coeurs

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s’étonner de mon accent « pas d’ici »

et cligner de l’oeil

Alpstein

et j’aime encore plus

en redescendant

m’assoir sur une pierre

et attendre que le soleil tombe derrière le paysage

lentement, superbement

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C’est ça l’âge indulgent

Mal-aimé

c’est Novembre le mal-aimé

Novembre de givre matinal, annonciateur du pire

Qui sonne le glas des désirs de l’été

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Il se cache sous les dorures, les carmins flamboyants

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Il se déguise et ricane lors de ses fêtes tristes

des Morts, des Saints,  des armistices

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C’est Novembre, le définitif,

Le toujours vieux, le résigné

Qu’il me faut apprivoiser .

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et cesser peut-être de remonter le courant,

pour flotter, flotter sur une onde apaisée et fraiche

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