« d’après une histoire vraie » Delphine de Vigan (suite😌)

Je recopie ce passage, non pour me l’approprier,

Mais plutôt pour le mettre à distance……

Pour qu’il résonne un peu moins bruyamment ….
« je suis quelqu’un de maladroit. Je me cogne dans les murs, me prends les pieds dans les tapis, je fais tomber des  objets, renverse l’eau, le vin, le thé, je glisse, je trébuche, je me laisse entraîner dans des dérapages incontrôlés, tout cela parfois au cours d’une même journée. Ce n’est pas nécessairement dû aux irrégularité de terrain ni à la présence d’obstacles camouflés.  Il s’agit plutôt d’une grande distraction, ou d’une forme sournoise d’inadaptation au monde qui m’entoure………


À cela s’ajoute d’autres paramètres : la fatigue, le regard de l’autre…
aujourd’hui je sais aussi quels sont les moments d’épuisement, de tristesse, de contrariétés qui m’obligent  à redoubler d’attention……..j’ignore si d’autres personnes de mon âge, c’est-à-dire disposant d’un certain nombre d’heures d’entraînement se trouve dans cette situation 

Voilà, j’ai recopié ce passage et me sens soudain toute légère ….

…..

D’autres personnes sont dans cette situation, et oui, et oui😊


« D’après une histoire vraie » Delphine de Vigan

L’écriture,

Le mot écrit, la phrase, le pouvoir de dire, 

….en suspend, en quarantaine

Depuis des jours et des semaines et des mois sans doute

À terre, inutiles et vains


Et puis, un livre : »D’après une histoire vraie » de Delphine de Vigan

La vraie rencontre, la romancière miroir


Non, je ne suis pas  seule,

OuI,c’est possible , ce silence, cette absence, cette certitude d’être (je la cite) « bizarre, névrosée , imprévisible »

Alors, peut-être ne sont-ce là que des mots, bouteilles  a la mer, 

Mais ce sont des mots, les premiers d’un long mutisme…

Au désert adressés

À moi certainement 

À vous peut-être

Sara


L’été nous enivrais

Ce jour-là, les calanques vibraient de chaleur

Et tu étais des nôtres, gaie et légère ,

Même si ta joie, déjà, semblait si fragile et lointaine.

Tu étais des nôtres 

Comme une évidence.

Hier, ta route a changé de sens

Et ta vie, désormais s’écoulera loin de nous.
Sara, Sara,

Je te souhaite un chemin propice et indulgent.

Nous, nous te gardons dans nos cœurs 

Et que s’impose l’été…

Est-ce cet été qui n’en finit pas d’arriver ?

est-ce ce monde cruel et sidérant de violence  qui efface mes mots?

est-ce ma vie qui s’est rapetissée ?

peut-être tout cela à la fois….

 

Les heures ne sont  plus aux grandes déclarations d’amour !

….elles sont faites de famille, de jardin et de peinture…..

et le jardin resplendit et les toiles s’animent

Les heures sont pleines et rondes

leur manque seulement  , peut-être, ce supplément d’âme qui les faisait douloureusement ou superbement vibrer.

Les gens heureux n’ont pas d’histoire dit-on………

c’est ainsi que la source de mes mots s’écoule en mince filet

 

 

 

Je vous souhaite à tous un très bel été

Que le fracas du monde vous épargne

et nous nous retrouverons  sûrement

Amicalement

Marie

« Est-ce ainsi que les hommes vivent »

Quelques vers d’Aragon pour donner des lueurs à nos jours embourbés

Et nous permettre de croire

encore 

que la poésie peut porter le monde

« …Cœur léger cœur changeant cœur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Je n’avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m’endormais comme le bruit.

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

C’était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens

Tout changeait de pôle et d’épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j’y tenais mal mon rôle
C’était de n’y comprendre rien…….. »


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Infidélités

Entre les deux

mon coeur balance.

 

Mon premier amour était à l’huile.

Je l’ai un jour laissé au bord d’une route alors qu’il avait tout pour me plaire,

 

et j’ai couru sans me retourner

me jeter dans des bras acryliques

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Avec lui, tout semblait facile et possible

il répondait à mon impatience

à mes désirs toujours nouveaux

On a fait un joli bout de chemin ensembles

 

 

Pourtant, je gardais dans un pli de ma mémoire des sensations jouissives de fondus colorés,

de voiles impalpables, d’odeurs….

et c’est ainsi qu’un matin d’Avril, mes doigts ont à nouveaux caressé les vieux tubes,

que mon temps s’est ralenti au rythme de lents séchages des glacis

 

 

L’infidélité est une chance

Rutebeuf

Dans les brumes de l’hiver qui s’attarde

j’essaie de percevoir encore les silhouettes amies,

les voix éloignées

…..

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et hantent ma mémoire les vers du vieux Rutebeuf

« Que sont mes amis devenus

que j’avais de si près tenus…….. »

mais que la nostalgie reste tenue à distance,

le temps n’est plus de la désespérance.

 

 

 

………..

c’est le mois de Mai,

le beau mois de Mai