C’est maintenant

Le temps a scandé si dru son rythme d’airain

Que ma tête lasse demeure baissée.

Les heures et les heures ont tant galopé,

Tant abasourdi la litanie des jours,

que,

Timide et peu sûre

je n’ose, dans le miroir hostile, me regarder encore.

Et pourtant,

Les agapanthes fièrement se dressent ,

Et le laurier-rose, et le figuier vainqueur

Et ma vieille lavande, bleue, bleue, bleue,

Et le jasmin tant et tant aimé…..tous sont au rendez-vous pour proclamer crânement

Que l’été est là , brûlant et fugace,

Que c’est maintenant que la vie resplendit,

Maintenant…

Certitude

« Sentir ses liens avec une terre,

son amour pour quelques hommes,

savoir qu’il est toujours un lieu où le coeur touvera son accord.

voici déjà beaucoup de certitudes pour une seule vie d’homme »

Albert Camus – « L’été à Alger » (« Noces »)

Alors, même si le ciel parfois se voile,

si les enfants s’éloignent, brandissant à bout de bras mes journées printanières,

et, par leur sève fraiche, m’attachent à l’hiver….

même si très fort domine cette conscience du temps qui file file file,

ce n’est qu’un nuage, qu’un gros nuage blanc qui occulte le bleu

Promesse

C’est si peu

Du jaune et du vert et des chants d’oiseaux

C’est un air de déjà vu et de jamais lassant

C’est un imperceptible scintillement

sur le miroir de l’eau

Avant les lilas avant le jasmin

C’est la promesse toujours tenue

Mémoire enfouie

Je viens de terminer la lecture de « Mémoire de fille » de Annie Ernaux.

J’en reste abasourdie 

C’et un roman autobiographique magistral, à l’écriture sobre et précise, parfois opaque mais toujours raffinée.

L’auteur, 50 ans après les faits, enquête sur la jeune fille qu’elle était à 18 ans et fouille, dans la douleur, les souvenirs enfouis, occultés

La honte, la boulimie, le désir,le sentiment d’étrangeté….page après page, je me vois dans le miroir tendu par l’auteur, et c’est dérangeant.

Peut-on reconsiderer des décennies plus tard celle que l’on a été, en quoi nous parait-elle si étrangère, et comment finalement vit-elle encore en nous…?

Peut-on accepter enfin, si longtemps après, cette jeune fille, si loin semble-t-elle de l’armure de femme que l’on s’est forgée ?

 

 

La littérature est un cadeau merveilleux

qui permet d’éclairer les pans restés dans l’ombre

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désert

Te souviens-tu ?

la roche était ardenteIMG_0822

Et si,

pourtant,

la vie te devenait désert,

si, définitivement, la larme douce amère ne scillait plus jamais au bord de ta paupière,

si ton coeur,

ah ton coeur ! ton ventre

si ton corps tout entier,

résigné et à jamais assoiffé

te susurrait perfidement les mots de la sécheresse,

si la pierre, lourde et dense obstruait ton regard

 

 

tu irais

vite vite vite

rejoindre tes couleurs

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Première esquisse sur la toile blanche

Juliette,

….

Et quelques autres probablement ……

M’ont sorti de ma profonde

Vaporeuse

Écrasante et incompréhensible  léthargie.

Mon blog m’impressionne davantage que la plus grande des toiles blanches.

J’aime

Véritablement

Ces échanges riches et variés que permettent les blogs.

Mais, est-ce le temps affolé qui me glisse des mains,

Est-ce la certitude de ne rien avoir à dire d’intéressant,

Est-ce mon insondable paresse,

Est-ce une vie trop pleine et trop plate……

Le fait est que je demeure comme sidérée et muette,

Je remets toujours à demain

Et je retourne,

La conscience chavirée en pensant à ces quelques uns que j’apprécie sincèrement ,

À mes brosses, mes pinceaux, mes ballades mes boulots….
Aujourd’hui, juste envie d’agiter ma main vers vous en un amical salut,

Avant que

Demain peut-être

Coule à nouveau la source des mots