Mémoire enfouie

Je viens de terminer la lecture de « Mémoire de fille » de Annie Ernaux.

J’en reste abasourdie 

C’et un roman autobiographique magistral, à l’écriture sobre et précise, parfois opaque mais toujours raffinée.

L’auteur, 50 ans après les faits, enquête sur la jeune fille qu’elle était à 18 ans et fouille, dans la douleur, les souvenirs enfouis, occultés

La honte, la boulimie, le désir,le sentiment d’étrangeté….page après page, je me vois dans le miroir tendu par l’auteur, et c’est dérangeant.

Peut-on reconsiderer des décennies plus tard celle que l’on a été, en quoi nous parait-elle si étrangère, et comment finalement vit-elle encore en nous…?

Peut-on accepter enfin, si longtemps après, cette jeune fille, si loin semble-t-elle de l’armure de femme que l’on s’est forgée ?

 

 

La littérature est un cadeau merveilleux

qui permet d’éclairer les pans restés dans l’ombre

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désert

Te souviens-tu ?

la roche était ardenteIMG_0822

Et si,

pourtant,

la vie te devenait désert,

si, définitivement, la larme douce amère ne scillait plus jamais au bord de ta paupière,

si ton coeur,

ah ton coeur ! ton ventre

si ton corps tout entier,

résigné et à jamais assoiffé

te susurrait perfidement les mots de la sécheresse,

si la pierre, lourde et dense obstruait ton regard

 

 

tu irais

vite vite vite

rejoindre tes couleurs

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Première esquisse sur la toile blanche

Juliette,

….

Et quelques autres probablement ……

M’ont sorti de ma profonde

Vaporeuse

Écrasante et incompréhensible  léthargie.

Mon blog m’impressionne davantage que la plus grande des toiles blanches.

J’aime

Véritablement

Ces échanges riches et variés que permettent les blogs.

Mais, est-ce le temps affolé qui me glisse des mains,

Est-ce la certitude de ne rien avoir à dire d’intéressant,

Est-ce mon insondable paresse,

Est-ce une vie trop pleine et trop plate……

Le fait est que je demeure comme sidérée et muette,

Je remets toujours à demain

Et je retourne,

La conscience chavirée en pensant à ces quelques uns que j’apprécie sincèrement ,

À mes brosses, mes pinceaux, mes ballades mes boulots….
Aujourd’hui, juste envie d’agiter ma main vers vous en un amical salut,

Avant que

Demain peut-être

Coule à nouveau la source des mots

« d’après une histoire vraie » Delphine de Vigan (suite😌)

Je recopie ce passage, non pour me l’approprier,

Mais plutôt pour le mettre à distance……

Pour qu’il résonne un peu moins bruyamment ….
« je suis quelqu’un de maladroit. Je me cogne dans les murs, me prends les pieds dans les tapis, je fais tomber des  objets, renverse l’eau, le vin, le thé, je glisse, je trébuche, je me laisse entraîner dans des dérapages incontrôlés, tout cela parfois au cours d’une même journée. Ce n’est pas nécessairement dû aux irrégularité de terrain ni à la présence d’obstacles camouflés.  Il s’agit plutôt d’une grande distraction, ou d’une forme sournoise d’inadaptation au monde qui m’entoure………


À cela s’ajoute d’autres paramètres : la fatigue, le regard de l’autre…
aujourd’hui je sais aussi quels sont les moments d’épuisement, de tristesse, de contrariétés qui m’obligent  à redoubler d’attention……..j’ignore si d’autres personnes de mon âge, c’est-à-dire disposant d’un certain nombre d’heures d’entraînement se trouve dans cette situation 

Voilà, j’ai recopié ce passage et me sens soudain toute légère ….

…..

D’autres personnes sont dans cette situation, et oui, et oui😊


« D’après une histoire vraie » Delphine de Vigan

L’écriture,

Le mot écrit, la phrase, le pouvoir de dire, 

….en suspend, en quarantaine

Depuis des jours et des semaines et des mois sans doute

À terre, inutiles et vains


Et puis, un livre : »D’après une histoire vraie » de Delphine de Vigan

La vraie rencontre, la romancière miroir


Non, je ne suis pas  seule,

OuI,c’est possible , ce silence, cette absence, cette certitude d’être (je la cite) « bizarre, névrosée , imprévisible »

Alors, peut-être ne sont-ce là que des mots, bouteilles  a la mer, 

Mais ce sont des mots, les premiers d’un long mutisme…

Au désert adressés

À moi certainement 

À vous peut-être

Sara


L’été nous enivrais

Ce jour-là, les calanques vibraient de chaleur

Et tu étais des nôtres, gaie et légère ,

Même si ta joie, déjà, semblait si fragile et lointaine.

Tu étais des nôtres 

Comme une évidence.

Hier, ta route a changé de sens

Et ta vie, désormais s’écoulera loin de nous.
Sara, Sara,

Je te souhaite un chemin propice et indulgent.

Nous, nous te gardons dans nos cœurs 

Et que s’impose l’été…

Est-ce cet été qui n’en finit pas d’arriver ?

est-ce ce monde cruel et sidérant de violence  qui efface mes mots?

est-ce ma vie qui s’est rapetissée ?

peut-être tout cela à la fois….

 

Les heures ne sont  plus aux grandes déclarations d’amour !

….elles sont faites de famille, de jardin et de peinture…..

et le jardin resplendit et les toiles s’animent

Les heures sont pleines et rondes

leur manque seulement  , peut-être, ce supplément d’âme qui les faisait douloureusement ou superbement vibrer.

Les gens heureux n’ont pas d’histoire dit-on………

c’est ainsi que la source de mes mots s’écoule en mince filet

 

 

 

Je vous souhaite à tous un très bel été

Que le fracas du monde vous épargne

et nous nous retrouverons  sûrement

Amicalement

Marie