L’âge indulgent

Il frappe à ma porte,

avec insistance,

et,même si,

trop souvent, je lui rit au nez,

moquerie facile.

il est là pourtant, les bras en corbeille….

L’âge indulgent, celui qui susurre, qui rassure, qui dit,

« va te promener,monte sur ta colline,

peu importe l’heure…vas-y….. »

Alors je l’écoute,

alors je le suis et je fais la liste de tous ces éclats de vie

J’aime,

marcher dans les feuilles

écouter le vent

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j’aime

quitter le chemin et grimper au flanc de la prairie

et monter, monter

en perdre le souffle

et me jeter dans l’herbe

Hundwiler Höhe

J’aime

regarder à m’en brûler les yeux

les herbes, les feuilles, les troncs à contre jour

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J’aime

quand je suis là-haut

entrer dans le vieux café

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choisir une place à la table commune

et regarder les hommes sans âges

faire les jolis coeurs

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s’étonner de mon accent « pas d’ici »

et cligner de l’oeil

Alpstein

et j’aime encore plus

en redescendant

m’assoir sur une pierre

et attendre que le soleil tombe derrière le paysage

lentement, superbement

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C’est ça l’âge indulgent

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L’été des vieilles femmes

Le Altweibersommer

l’été des vieilles femmes dit-on par ici

le temps ou les araignées tissent de longs fils blancs semblables à des cheveux

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c’est la parenthèse

l’illusion de croire que l’été commence

L’air est limpide , la lumière claire

et on se prend à y croire.

l’été indien

rouge ocre or

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l’été de la St Martin

ou, dit-on, les fleurs se mettent à éclore

et la brise douce douce

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l’été à tous prix

l’été à tous noms

ou chaque parcelle de ciel bleu

intense

est précieuse

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qu’adviendra-t-il des vieilles femmes lorsque l’hiver viendra ?

En haut

Une douceur qui s’attarde

IMG_0837il est temps encore

avant que ne vienne le blanc

de grimper une dernière fois

tout en haut de la montagne

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dépasser la forêt dorée, et le lac vert d’eau,

prendre le le chemin le plus raide raide

celui qui est difficile et peu fréquenté

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et soudain le sommet

là ou le regard ne s’arrête pas

deviner pourtant la neige sur les Alpes autrichiennes

Novembre, joli Novembre

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Mal-aimé

c’est Novembre le mal-aimé

Novembre de givre matinal, annonciateur du pire

Qui sonne le glas des désirs de l’été

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Il se cache sous les dorures, les carmins flamboyants

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Il se déguise et ricane lors de ses fêtes tristes

des Morts, des Saints,  des armistices

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C’est Novembre, le définitif,

Le toujours vieux, le résigné

Qu’il me faut apprivoiser .

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et cesser peut-être de remonter le courant,

pour flotter, flotter sur une onde apaisée et fraiche

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Sur les pas de….

Le long de cette mer sans marée

que j’aime à dire mienne

marcher, sans me lasser,

à Collioure dans les pas des Fauves, Matisse, Derain….

et lentement passer la montagne

qui s’en vient frôler la mer

et tenter de retrouver dans chaque blancheur de Cadaquès

l’ombre surréaliste de Dali

Puis m’enfoncer,

juste un peu par le chemin des vignes

et rencontrer

peut-être

sous les platanes de Ceret

Picasso, Derain et le cubisme

Ceret

Route du sud

Mototype-encre-rouilleDe rouge et d’or,

d’ocres et de brumes

l’automne se faufile, regard en biais.

La saison excessive ,

provocante et désespérée

se joue des fragiles certitudes


Je suis prête,

je t’attends et t’espère,

mais,

pour ralentir ta course,

je pars quelques temps

vers la mer sans marées

vers les collines douces de chênes liège et d’arbouses.

A bientôt

pastels gras-aquarelle

Evidences

La grisaille du ciel
….
sans doute,
la curiosité mauvaise
….
sans doute


sans doute l’envie de plonger, juste un peu,
j’ai fait ce qu’il ne fallait pas faire
et regardé en arrière

j’ai relu goulument les vieux écrits d’un temps perdu

.
Et déjà, la mélancolie de l’automne
pitoyable chansonnette
s’allonge à mon côté

Alors, pour conjurer le gris

j’invoque ce poème que m’avait confié un ami cher

Il suffit d’avancer pour vivre
aller droit devant soi
Vers tout ce que l’on aime

Devant soi la route est légère
Et s’ouvre sur tous les rivages
Derrière il n’y a que des chaînes

La caresse est comme une rose
Qui renforce la nacre d’un midi très chaud
Présence à tout jamais
Rien ne se fait amour qui ne soit d’avenir

Paul Éluard

BLEUEMARIE

 

.

Si,

à l’aube des semences nouvelles, ta main ne cherchait plus la mienne

si mes pas  s’animaient d’un autre rythme que celui de tes pas


si ton souffle s’égarait

si ma voix se perdait……


que ferions-nous de nos trop lourds silences ?

saurions-nous avancer sur ce sentier de clair-obscur ?



Mon homme-nuage

bien sûr que nous le saurions,

des larmes plein la voix

nous saurions reconnaître la lumière sur les troncs

mon homme-étoile

mon amour fragile et fort

nous avancerions

des sanglots pleins les yeux

sur le chemin

distendu

escarpé, lumineux de nos destins.

Mosaïque Raphaella Bötschi - Mosaïque Raphaella Bötschi –

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